Une résistance naturelle aux taches et aux pourritures

Les maladies sont tout un défi pour les producteurs, qui doivent tenir compte d’une multitude de facteurs, depuis les conditions météo jusqu’au type de culture et à la sensibilité des plantes.

L’agriculture non biologique peut compter sur diverses stratégies pour garder les maladies à distance, dont l’utilisation sécuritaire de pesticides chimiques. Cependant, pour la production d’aliments bio, un des secteurs agroalimentaires connaissant la plus forte croissance au Canada, il est essentiel d’éviter les produits chimiques et de choisir des variétés naturellement résistantes ou tolérantes.

C’est ici qu’entre en scène Myriam Fernandez, phytopathologiste au Centre de recherche sur l’agriculture des prairies semi-arides (CRAPSA) d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, qui vient de réaliser un projet de recherche visant à évaluer la réaction de diverses espèces de blé, en culture biologique, à deux types de maladies, les taches foliaires et les pourritures des racines. C’est la première fois que des données sont recueillies à ce sujet en Amérique du Nord. Les résultats ont fait l’objet de deux articles venant de paraître dans la Revue canadienne de phytotechnie et portant respectivement sur les taches foliaires (en anglais seulement) et les pourritures des racines (en anglais seulement).

Taches foliaires

Les taches foliaires (tache bronzée, tache helminthosporienne et complexe des taches septoriennes) sont parmi les maladies du blé les plus fréquentes et les plus répandues dans l’Ouest canadien, et elles peuvent provoquer des pertes appréciables de rendement. Dans le cas du blé dur, des essais menés dans le sud de la Saskatchewan ont donné les résultats suivants : à Swift Current, une réduction de 16 % du taux de taches foliaires a permis un gain de rendement estimé à 17 %; à Indian Head, une réduction de 6 % de ce taux a permis un gain de rendement estimé à 27 %.

La description de cette image suit.
Cette feuille de blé présente une infection relativement grave de tache foliaire, car le changement de couleur touche une bonne partie de sa surface. Photo gracieusement fournie par le ministère de l'Agriculture de la Saskatchewan.

Ces corrélations marquées ont incité Mme Fernandez à étudier la résistance aux taches foliaires de divers cultivars de blé commun, de blé dur, de kamut et d’épeautre, en culture biologique.

  • Dans le cas des 14 cultivars de blé commun étudiés, Mme Fernandez a mesuré les plus forts taux dinfection chez AC Barrie, CDC Go, Superb et Unity, et les plus faibles, chez AC Andrew, CDC Bounty et Lillian.
  • Parmi les six cultivars de blé dur, cest Kyle qui était le plus sensible aux taches foliaires.
  • CDC Zorba a été le moins sensible des deux cultivars dépeautre et le moins sensible des cultivars de tous les types de blé.
  • Le kamut a donné des résultats semblables au blé commun et au blé dur quant à la gravité des taches foliaires.

Pourritures des racines

Les pourritures des racines (aussi appelées « piétins ») sont causées par divers champignons, mais le Cochliobolus sativus et les Fusarium sont les principales espèces en cause dans l’Ouest canadien. Ces maladies réduisent la vigueur de la plante et entraînent ainsi des pertes de récolte. Comme elles peuvent être présentes dans la plupart des champs et des types de milieux, les producteurs – et à plus forte raison les producteurs bio – ont tout avantage à choisir les variétés qui y sont le moins sensibles.

La description de cette image suit.
Les taches ou marbrures brun foncé présentes sur les racines et le rhizome (longue portion de tige allant de la graine au plateau de tallage) sont indicatrices d’une infection.

Dans le cadre de cette étude, Mme Fernandez a fait les constatations suivantes :

  • Le type de blé le plus gravement atteint était lépeautre, suivi du blé dur et du kamut. Cest le blé commun qui était le moins gravement atteint en moyenne.
  • Parmi les cultivars de blé dur, cest AC Avonlea, Kyle et Transcend qui étaient les plus gravement atteints, et CDC Verona, le moins touché.
  • Parmi les cultivars de blé commun, cest AC Elsa, CDC Kernen et Red Fife qui étaient les plus gravement atteints, tandis que Superb et Unity étaient les moins touchés.

En entreprenant ces recherches, Mme Fernandez pensait avant tout aux producteurs biologiques, mais elle estime que ses résultats pourront profiter à tous les producteurs.

« Les cultivars peuvent être choisis en fonction de leur résistance aux maladies, explique Mme Fernandez. La résistance naturelle est donc un facteur dont tous les producteurs doivent tenir compte. Différents degrés de résistance naturelle sont disponibles et n’attendent qu’à être exploités! »

Les travaux de Myriam Fernandez seront également utiles aux programmes d’amélioration dont l’objectif est de créer des variétés de blé convenant à l’agriculture biologique dans l’Ouest canadien.

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