Savoir lutter contre les nématodes en production maraîchère

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Les nématodes sont des ravageurs à avoir à l’œil pour assurer la productivité des cultures maraîchères. Plusieurs espèces sont considérées comme des parasites pour les fruits et légumes. Divers types de nématicides ont été utilisés par le passé pour les éliminer et/ou pour contrôler leur prolifération. Depuis les années 1970 ils ont été retirés progressivement du marché. Le dernier nématicide fumigant l’a été au cours des cinq dernières années. Avec le temps, on a compris qu’ils n’étaient pas sécuritaires pour les utilisateurs et pour l’environnement.

Dans ce contexte, il était devenu important de trouver des méthodes alternatives pour outiller les producteurs maraîchers dans leur lutte contre les nématodes. Les chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, M. Guy Bélair (retraité) et  M. Benjamin Mimee (nématologiste en poste), sont dévoués au développement d’outils pour lutter contre ces ravageurs, par exemple par le biais de mesures de lutte intégrée.  Cette approche réfère à des méthodes culturales à utiliser conjointement pour réduire la densité de nématodes dans les champs afin de limiter au maximum les dommages aux cultures.

Les expériences de recherche de M. Bélair  lui ont permis de se faire une idée très claire sur les méthodes de lutte intégrée à privilégier, en particulier contre les nématodes endoparasites. Ceux-ci, parce qu’ils prolifèrent à l’intérieur des plants, empêchent la plante d’absorber l’eau et les nutriments du sol nécessaires à sa croissance optimale. Ces nématodes sont ceux qui créent le plus de dommages économiques. Il en existe trois espèces: le nématode cécidogène, le nématode des lésions et le nématode des tiges et des bulbes.

Selon le chercheur M. Bélair, voici un résumé de ce qui est le plus important à retenir en lutte intégrée.

Nématode cécidogène

Mieux le connaître : Œufs pondus à l’extérieur de la racine dans une masse gélatineuse. La larve de 2ème stade (ou larve infectieuse) est le seul stade retrouvé dans le sol. Tous les autres stades sont à l’intérieur de la racine. Présence abondante de radicelles (racines chevelues) et de nodules blanchâtres sur les radicelles. Chez la carotte, déformation importante de la racine principale. Cycle complet de développement : 4-6 semaines.

Principales cultures maraîchères touchées : carotte, céleri, laitue, tomate, pomme de terre, poireau, les brassicacées (brocoli, chou, navet), les cucurbitacées (melon, concombre)

Meilleure pratique : Pour réduire de manière vraiment significative les populations de nématode cécidogène, pratiquer une rotation de culture avec une céréale au moins à tous les 3-4 ans, car ce type de nématodes n’attaque aucune céréale. Si l’infestation est trop poussée, deux années de céréales pourraient être nécessaires. Une année d’oignon suivi d’une année de céréale s’est avérée très efficace pour contrôler les populations et augmenter les rendements de carotte de plus de 50% l’année subséquente.

Autres approches de lutte intégrée :

Nématode des lésions

Mieux le connaître : Tous les stades de développement sauf l’œuf peuvent infecter une racine et se retrouver dans le sol. L’ensemble du cycle de développement se passe à l’intérieur de la racine. En se déplaçant à l’intérieur de la racine, il cause des blessures ou lésions et permet à certains champignons pathogènes de s’introduire dans les plants. Cycle complet de développement : 4-6 semaines

Principales cultures maraîchères touchées: pomme de terre, légumineuses, céréales (seigle, orge, avoine, blé), cultures maraîchères

Meilleure pratique : Une rotation avec la culture de millet perlé fourrager permet de réduire les populations sous le seuil de nuisibilité pour plusieurs cultures (pomme de terre, fraise, framboise, maïs, pommier, soya). Semer le millet au début juin car il préfère un climat chaud. Semé trop tôt au printemps dans un sol humide et frais, il ne germera pas bien et sera vite envahi et étouffé par la croissance des graminées annuelles.

Nos recherches entre 2000 et 2006 ont permis de conclure que pour la pomme de terre, une telle rotation a permis des augmentations de rendement entre 15 et 35%, tout dépendant de la densité de population de nématode des lésions au départ.

Autres approches de lutte intégrée :

Nématode des tiges et des bulbes

Mieux le connaître : Contrairement aux autres nématodes, celui-ci ne touche pas les racines mais seulement la partie aérienne des plants (les tiges). Ce nématode endoparasite cause des dommages très importants dans la culture d’ail. Grâce à la cryptobiose (déshydratation et dormance), ce nématode peut survivre dans un champ de 4 à 5 ans sans présence de plantes hôtes. Propagation par utilisation de plants et semences contaminées.

Nos essais en serre ont permis de démontrer que ce nématode se reproduit bien sur l’ail, l’oignon, faiblement sur la pomme de terre, et pas du tout sur le maïs, le soya, l’orge, la luzerne, la moutarde, la carotte et la laitue.

Principales cultures maraîchères touchées:

Meilleure pratique : Pour le producteur, il est primordial d’utiliser des plants ou semences propres, i.e. sans nématode.

Autres approches de lutte intégrée :

Planter dans un sol sans nématode. Une rotation de 4-5 ans sans plantes hôtes constitue une bonne méthode pour se débarrasser des nématodes des tiges et des bulbes.

Principales découvertes (avantages)

Photographies

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Guy Bélair, chercheur en nématologie, Centre de recherche et de développement de Saint-Jean-sur-Richelieu (retraité)
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Benjamin Mimee, chercheur en poste en nématologie au Centre de recherche et de développement de Saint-Jean-sur-Richelieu
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Vue au microscope d’un nématode femelle Pratylenchus penetrans. Crédit photo : M. Tom Powers

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